Nos coups de coeur


Femme du ciel et des tempêtes

Wilfried N’Sondé

 

Dans la péninsule de Yamal, en Sibérie, un chaman de la tribu des Nénets découvre la sépulture d’une reine à la peau noire qui dormait depuis mille ans dans la glace.

Le territoire des Nénets est menacé par l’exploitation gazière des russes.

Le chaman fait appel à un scientifique français ami, pour dénoncer ce projet et protéger l’environnement.

Les peuples de Sibérie auraient -ils des ancêtres venus d’Afrique ? Le chaman et l’expédition de scientifiques arriveront-ils à faire échouer le projet des mafieux russes.

Dans ce roman palpitant, Wilfried N’Sondé nous parle de respect de la nature, de l’humain, de visible et d’invisible.

 

Nicole

St Etienne -Lardeyrol

 



Un conte qui raconte l'Histoire sans la nommer, qui émeut aux larmes et qui donne tant d'espoir.

 

 

Claire Fert-Thibout, Bibliothèque de Malrevers

La plus précieuse des marchandises

"Vous voulez savoir si c'est une histoire vraie? Une histoire vraie? Rien, rien de tout cela n'est arrivé, rien de tout cela n'est vrai. La seule chose vraie? L'amour qui fait que malgré tout ce qui existe, et tout ce qui n'existe pas, l'amour qui fait que la vie continue."

Et c'est bien d'amour, au milieu de l'humanité agonisante, que parle l'auteur. D'un amour maternel, d'un amour naissant au beau milieu de la Haine, d'un amour qui donne tout ce qu'il a. Pauvre bucheronne est décrite comme sortant d'un conte, pourtant elle aurait bien pu être réelle. Elle rêve de maternité, au milieu d'une guerre qui déchire l'Europe.

Dinah est quant à elle maman de beaux jumeaux, mais quand les monstres veulent massacrer les "Sans Coeurs", elle doit faire le choix horrible de n'en sauver qu'un.

Et c'est la plume si sensible et si poétique, en même temps si crue que choisit l'auteur, pour raconter, aux grands comme aux plus jeunes, ce conte si particulier.



S'adapter

Clara Dupont-Monod

Editions Stock

 

Ce sont les pierres de la maison cévenole qui racontent l'histoire d'une famille autour d'un enfant « inadapté », des parents, de la fratrie , de la nature sauvage qui encercle la maison...

L'enfant est sans geste, sans regard, sans parole.

 

Le roman est construit en trois parties : l'ainé, la cadette et le dernier ; trois visions et comportements centrés autour de l enfant .

Comment s'adapter ?

 

L'ainé est protecteur, fou d'amour pour son petit frère, la cadette pleine de colère, de rage et de jalousie, le dernier vivant le souvenir du disparu.....

Les phrases sont belles, les sentiments précis et délicats.

L 'extraordinaire capacité d'adaptation de l' être humain est démontré par les trajectoires différentes des membres de cette famille unie et aimante.

 

Marie- Claire . Comité de lecture de Rosières



 

 

J'ai adoré ce roman . Quel moment délicieux !

Marie- Claire . Comité de lecture de Rosières.

Élise sur les chemins

Bérengère Cournut

Éditions Le Tripode

 

Bouffée de bonheur et de plaisir sur les chemins , à travers les combes et les rivières, à la suite d’Élise et de toute sa grande famille joyeuse qui vit « sauvagement » à la montagne.

C'est un voyage au pays du rêve et de la liberté où l'on découvre un monde fantastique avec les tritons , les salamandres et la Vouivre !

Écriture en vers qui amène cette légèreté, ce vagabondage, cette joie.



Le cauchemar de Thylacine

Davide Cali et Claudia Palmarucci

septembre 2021

Traduit de l'italien par Béatrice Didiot

Editions la PARTIE

 

Dans la forêt Sans-Nom, entre le marais des Désirs et la cascade du Temps-perdu, se trouve un endroit appelé le sous-bois des Rêves, où travaille un étrange docteur. Ce docteur exerce une discipline étrange, il est spécialiste des mauvais rêves.

 

Qui n’a pas dans un recoin du cerveau un méchant rêve, caché en embuscade, un cauchemar récurrent, une peur grotesque, des sensations bizarres qui glacent le sang au milieu de la nuit ? Si vous faites partie de ceux qui sont assaillis par des cauchemars grouillants, grinçants, où hurlants, ce livre est fait pour vous. Grâce aux pièges inventés par le docteur Wallaby, vous allez pouvoir vous débarrasser des plus sournois d’entre eux. Toutefois, dans l’album, le docteur Wallaby va tomber sur un os. Son nouveau patient, Thylacine est tourmenté par une chose vide et sourde, profonde et immobile.

Le livre fait alterner les pleines pages colorées à des planches de dessins ou des vignettes naturalistes. On reconnait l’inspiration de Jérôme Bosch, d’Edward Hicks ou de Charles Fréger. C’est très beau, porté par un texte à la fois simple et précis, une typographie soignée, l’utilisation de grands blancs sur la page. En refermant le livre des questions nous taraudent. Le plus grand cauchemar ne serait-il pas la disparition des espèces sauvages ? Ne sommes-nous pas à la veille de la sixième extinction ? Il est l'heure de se réveiller.

 

Elisabeth Cultien

Médiathèque de Saint-Vincent



« D’or et d’Oreillers », un conte savoureux, à lire sans modération. Même la tête sur l’oreiller, impossible de s’endormir avant de découvrir l’épilogue !

 

Claudine – déc 2021

D'or et d'oreillers

Flore VESCO -

 

Dès les premières pages, nous pourrions croire à une simple revisite du conte «La princesse au petit pois », mais il n’en est rien !

La magie rôde, se déploie comme «une musique intérieure» et nous ensorcelle.

Avec une écriture ciselée, drôle, dynamique et pleine de rebondissements incroyables, l’auteure nous emporte dans l’univers de Lord Handerson en son château maléfique. Mais attention, dames et demoiselles, la vie de château n’est pas toujours ce que l’on croit !

Comme il se doit, dans tous les contes, Adrian cherche une épouse parmi de nombreuses prétendantes et met en place un test redoutable … Mais qui va déjouer les pièges et percer les secrets enfouis au plus profond du cœur de l’énigmatique jeune et fortuné Lord ?

 

« D’or et d’Oreillers » est aussi un roman résolument féministe qui questionne sur le poids des secrets de famille et de la capacité de chacun à les dissoudre grâce aux charmes de l’amour …



Et il dit

Erri de Luca

Gallimard

 

Cet alpiniste que l’on retrouve épuisé au pied de la montagne n’est pas un anonyme. Il s’agit de Moïse, celui-là même qui a aidé le peuple hébreux à fuir l’Égypte pour le soustraire au joug du pharaon. Alors qu’il guide son peuple en direction de la Terre Promise, l’homme entreprend seul l’ascension du mont Sinaï. Ayant atteint les sommets, Adonaï se révèle à lui.

De Luca, militant communiste et ouvrier agnostique, ne fait pas partie de la communauté hébraïque. Fasciné toutefois par le texte de la Bible qu’il lit et traduit chaque matin avant de se rendre sur son chantier, celui-ci a choisi de vivre en marge du campement. Sa réécriture d’un certain nombre de versets de la Genèse est transcendé par des images fortes, des réflexions profondes, un style poétique magistral.

 

Extraits :

Quand on grimpe dans une buée de vapeur, on se trouve dans un parfait mélange d’eau et d’air. Il règne un silence de grotte, les pas sont doux même sur la brèche, la respiration est pour moitié une gorgée, la peau échange sa sueur avec l’eau en suspens dans la vapeur. Quand on grimpe dans un nuage, on sent le ciel comme une seconde peau. On n’est pas en plein air mais sous une tente immense. À l’intérieur du nuage, il se trouvait dans un vestibule qui donnait accès au soleil. En haut la lumière s’infiltre en même temps que le vent, jusqu’à la sortie sous le ciel dégagé. C’est un bonheur de gagner le soleil pas à pas, de se frayer un chemin pour l’atteindre. Le soleil sèche vite le corps et les vêtements.

Au-dessous de lui la terre était couverte par une calotte blanche.

 

Le dernier pas de la montée lui faisait toucher l’extrémité où s’arrête la terre et où commence le ciel. Un sommet atteint est un bord de frontière entre le fini et l’immense. Là il arrivait à la distance maximale de son point de départ. Un sommet n’est pas une ligne d’arrivée, c’est un barrage. Là, il faisait l’expérience du vertige qui, en lui, n’était pas un appel du vide vers le bas, mais se pencher sur le vide du haut. Là, sur le sommet, il percevait la divinité qui s’approchait. Là-haut, il s’enveloppait de vent. Un sommet sans choc de masse d’air sur soi est effrayant. Car l’immensité retient son souffle.



Noël au bord de l'eau

Jenny Colgan

Éditions Prisma

 

Voici un livre que je viens de lire avec plaisir. L’histoire se passe sur une île d’Écosse pendant les fêtes de Noël ; une dame fabrique et vend des gâteaux de Noël, nous allons découvrir sa vie au fil des pages…  A la fin de l’ouvrage, l’auteur nous offre les recettes de ses gâteaux.

Bien sûr, je m’empresse de réunir les ingrédients nécessaires ; je me mets aux fourneaux et voilà le résultat !

Ils sont délicieux.

 

Martine de la médiathèque de Saint Pierre-du-Champ



Les lumières de Tel-Aviv

Alexandra Schwartzbrod

Actes Sud

 

Dans ce roman d’anticipation, l’auteur imagine «Le grand Israël», un état gouverné par les juifs ultra-orthodoxes aidés par les Russes qui les financent et les arment. Un mur est construit pour séparer Tel-Aviv du territoire de Jérusalem. Tel-Aviv, c’est le territoire des résistants qui vivent selon les préceptes des kibbouzim, dans une démocratie. Six personnages veulent passer le Mur pour rejoindre les résistants. L’auteur mélange très bien réalité et fiction.

Sa maîtrise de la question israélienne transparaît à chaque page. (Elle est directrice adjointe à la rédaction de Libération, dans la vie). C’est un très bon roman entre action, géopolitique, justice, amour. On découvre ces deux villes ,on voyage. Les personnages sont attachants. Ce livre a pour but de nous mettre en garde contre l’intégrisme, et la construction de murs !



Une rose seule

Muriel Barbery

Actes Sud

 

Ce roman délicat retrace l'histoire d'une femme, 40 ans, prénommée Rose. Elle a perdu sa mère et sa grand-mère, et vient de recevoir une lettre du notaire lui demandant de se rendre au Japon pour découvrir le testament laissé par son père qu'elle n'a pas connu.

Elle est botaniste. Elle arrive à Kyoto où un ami de son père va lui faire visiter des temples avant de l'emmener chez le notaire.

Elle va découvrir les cérémonies du thé, les mets délicieux, la culture japonaise grâce à Paul. Tous les deux vont promener leur mélancolie parmi les fleurs, les jardins zens...

C'est pour elle un chemin initiatique, un retour vers le passé, vers soi dans une écriture poétique, pleine de délicatesse qui sollicite tous nos sens entre la nature, la gastronomie, la culture japonaise, l'art de vivre à la japonaise.

Le récit est ponctué d'haïkus, de légendes, d'histoires japonaises.

Nicole M.



Impossible

Erri De Luca

Gallimard

 

Deux avis différents pour ce roman :

1-Peu m’importe la culpabilité, ce roman m’a plu par sa forme : le dialogue et l’échange qu’il crée entre les deux personnages : un juge, jeune, riche de ses méthodes d’investigation, de la qualité de son questionnement et un septuagénaire, riche de son expérience et de son humanisme. Le roman met en scène une inversion des rôles : c’est presque un roman d’apprentissage dans lequel le jeune juge découvre les valeurs d’une vie d’homme. Par exemple, il va marcher en montagne pour comprendre le contexte de l’accident ou du meurtre, en fait il va ressentir ce que signifie l'effort qu'exige une ascension solitaire. Cette dernière est la métaphore de la vie de l'homme qu'il doit juger. il découvre ainsi son cheminement, ses idéaux, ses exigences...

Entre eux, c'est un rapport de force rhétorique, un choc de générations, un dialogue philosophique à la manière socratique ? Cet échange, qu'on verrait bien au théâtre ! fait se confronter des valeurs fortes, de vie personnelle mais aussi de politique. Que de questions posées, qui font qu'à la fin  de la lecture, on se voit dans la nécessité d'une relecture, pour des réponses, impossibles ? Qui a posé les vraies questions dans cet échange ? Le juge ou l'accusé ?

2-Deux hommes se suivent sur un sentier escarpé dans les Dolomites. Ils se suivent de loin, ne se voient pas, ne se connaissent pas.

 Le premier homme fait une chute mortelle sur ce sentier. Lorsque le second arrive sur les lieux de l’accident, il prévient les secours.

Impossible! Impossible que le second n’ait pas tué le premier ou au contraire, impossible qu’il l’ait tué. C’est la question que se pose le jeune juge en charge de l’enquête, l’accident concernant deux hommes qui appartiennent à une époque qui lui est étrangère, « la génération la plus poursuivie en justice de l’Italie.. »

L’interrogatoire se transforme en dialogue et le juge va alors s’immerger dans cette histoire. Il va suivre la trace des deux hommes, prendre le même chemin pour être dans les mêmes conditions qu’eux et essayer de comprendre ce qui s’est passé.

Réflexion sur la justice, l’engagement, l’amitié, la trahison.

 

L'équipe de Roche-en-Régnier



L'art de perdre

Alice Zeniter

Flammarion

 

Dans le genre saga, vous aimerez l’histoire de cette famille algérienne obligée de fuir son pays au moment de l’Indépendance. Vous connaîtrez le destin d’Ali, notable en son village, de Yema son épouse et de leurs enfants. Arrivés en France où ils se sentent désormais les parias de la société, les voici ballottés d’un camp de transit à un camp pour harkis, avant de s’installer dans une HLM de banlieue qui les coupe de leurs racines. C’est par la voix de Naïma la petite fille et dans un langue claire et sensible qu’Alice Zeniter vous conte les regrets, la nostalgie du pays natal que l’on garde sous silence, les efforts d’intégration, les difficultés auxquelles sont soumis chacun des membres de la famille, génération après génération. Un beau livre rempli d’humanité.

 

AP - Saint-Vincent



Marcher droit, tourner en rond

Emmanuel Venet

Editions : Verdier

 

Le narrateur est autiste Asperger et c’est sa vision du monde qui est livré dans le roman. C’est d’abord une vision de la famille dépouillée de tout ce qui pourrait la rendre sympathique. En effet le narrateur part de l’éloge funèbre de sa grand-mère pour dénoncer toutes les conventions sociales. Ce regard faussement naïf se révèle sans concession aucune.

En distinguant le vrai du convenu, il fait ressortir les travers qu’on tait, soit parce que les personnes sont âgées, ou mortes, soit parce qu’elles sont respectables par leur rang dans la société, la famille…. C’est brutal, et en même temps drôle.

 

 

 

Autour des vacances de Noël toute l’équipe de la bibliothèque de Roche-en-Régnier a lu ce roman avec plaisir. !



Des oiseaux

"Des oiseaux, un album photographique signé Albarràn Cabrera et édité par l'Atelier EXB/Editions Xavier Barral. Mais que l'on ne s'y trompe pas, il s'agit d'un duo de photographes, Angel Albarràn et Anna Cabrera.
Ce livre toilé est une merveille. Chaque page est une invitation à la rêverie. Chaque page suggère une émotion. La photographie est portée au sommet de l'art par des procédés complexes, des tirages exigeants, des matériaux divers. On devine la délicatesse de certains papiers japonais, la richesse de l'or...
C'est beau à couper le souffle".

Babeth




Dis ours, tu dors?

De John Jory et Davies Benji

Edition : Little Urban

 

Album à partir de 3 ans.

 

Comment un ours mal léché peut-il cohabiter avec un voisin canard en mal de compagnie?!

 

Une histoire hilarante qui ravira petits et grands.



 

Un premier roman à découvrir.

Le bal des folles

De Victoria Mas

Édition : Albin Michel

 

« Vous êtes cordialement conviés au bal costumé de la mi-carême, qui aura lieu le 18 mars 1885 à l'hôpital de la Salpêtrière. »

Une fois par an, il est possible de se mêler, le temps d'une soirée, à ces femmes enfermées dans ce fameux hôpital de la Salpêtrière. On va alors au bal comme on va au zoo. Cet événement est surtout, ici, l’occasion de découvrir le destin de ces femmes, enfermées, internées, dans un XIXè siècle où les hommes peuvent simplement décider que leur femme, que leur fille est bonne à enfermer …

Nous découvrons alors l'intérieur de l’institution, certaines veulent à tout pris sortir. Retrouver leur liberté. D'autres y trouvent un abri, cachées de ces hommes pervers et destructeurs …



A la recherche de la carotte bleue

De Sébastien Telleschi

Edition Little urban

 

Album à partir de 5 ans

 

Le livre de Sébastien a su retenir toute notre attention par son format (gigantesque), ses couleurs vives, ses détails par milliers, dans une aventure rocambolesque avec des personnages mignons à souhait, le tout servi dans un magnifique album.

Une surprise vous attend en dernière partie, Sébastien nous présente sa tribu de rongeurs auxquels chacun peut s'identifier. Il y en a pour tous les goûts : Lapinojinus le matheux, Lapinoboloss le rebelle avec son appareil orthodontique, Lapinigot l'amoureux et bien d'autres personnages à découvrir et chercher au détour du temps et des pages.

Ainsi on redécouvrir l’histoire du monde à travers le regard décalé des lapins.

Ce livre allie un cherche et trouve, un album, un documentaire. De quoi ravir petits et grands.

On recommande !




 

 

 

Andreï Makine est pour moi, un grand écrivain, qui sait mêler histoire, voyage et philosophie.

C’est un beau récit de vie d’homme.   

 

Nicole M.

L'archipel d'une autre vie

De Andréï Makine (2016)

 

Je vous emmène aux confins de l’extrême orient russe.

Dans ce magnifique roman A Makine nous entraîne dans une aventure en Sibérie, au coeur de la Taïga, en 1952 sous le régime stalinien.

Il s’agit de la traque d’un fugitif par 5 soldats, dont Gartsev, le narrateur.

L'auteur décrit dans une langue magnifique la beauté de la nature, les immensités de la taïga, la vie en groupe de ces militaires dans un univers parfois rude, hostile, loin de tout et la valeur de la vie d’autrui.

Cette patrouille doit mettre la main sur cet évadé, qui est-il?

Des surprises surviennent, une histoire touchante et inattendue complète ce récit.